Bonjour ! Nous sommes le vendredi 6 aoĂ»t. Vous Ă©coutez le 25 numĂ©ro de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe dâĂ©tude sur le Congo (GEC), centre de recherche basĂ© Ă lâUniversitĂ© de New York, qui tente dâĂ©clairer lâactualitĂ© congolaise. Je mâappelle Ange Makadi Ngoy et je suis chercheuse au sein du GEC.
Cela fait plusieurs semaines que la RDC intensifie sa campagne de mobilisation des pays membres de la CommunautĂ© de dĂ©veloppement de lâAfrique australe (SADC) en faveur de son candidat, Faustin Luanga Mukela, au poste de secrĂ©taire exĂ©cutif. Face Ă lui, le Botswana, qui abrite le siĂšge de cette communautĂ© sous-rĂ©gionale, aligne aussi un candidat.
Alors que les Ă©lections sont prĂ©vues dâici le 9 aoĂ»t 2021, en marge de la session ordinaire des chefs dâEtats et de gouvernement de la sous-rĂ©gion, fin juillet, lâUA donne Ă IsraĂ«l, aux cĂŽtĂ©s de la Palestine, le statut dâobservateur au sein de lâinstitution panafricaine. Certains pays membres de la SADC, notamment la Namibie, lâAfrique du Sud et le Botswana, font bloc pour dĂ©noncer une « dĂ©cision unilatĂ©rale » de la commission de lâUnion africaine. Et soupçonnent FĂ©lix Tshisekedi, comme prĂ©sident de lâUA, dâavoir laissĂ© faire.
Ce statut d'observateur au sein de lâUA accordĂ© Ă IsraĂ«l va-t-il fragiliser les ambitions de la RDC au sein de la SADC ?
Sur le papier, Faustin Luanga dispose des potentiels pour diriger le secrĂ©tariat exĂ©cutif de la SADC. Haut fonctionnaire de lâOrganisation mondiale du Commerce (OMC), le candidat de la RDC est professeur dâĂ©conomie, des finances Ă lâUniversitĂ© de Nagoya du Japon et Ă l'UniversitĂ© internationale de GenĂšve. Selon la diplomatie congolaise, Faustin Launga dispose de plus de vingt-cinq ans dâexpĂ©rience nationale et internationale sur des questions relatives Ă la gouvernance commerciale, au dĂ©veloppement Ă©conomique des pays et Ă leur intĂ©gration au systĂšme commercial multilatĂ©ral.
Le 4 juin, il a Ă©tĂ© nommĂ© ambassadeur itinĂ©rant du chef de l'Etat chargĂ© du suivi des organisations internationales. Un statut qui lui confĂšre plus de visibilitĂ© et dâaccĂšs aux chefs d'Etat et de gouvernement.
Mais sur le terrain diplomatique, la bataille est loin dâĂȘtre gagnĂ©e. La RDC cherche des alliĂ©s. Elle nâa pas pu obtenir un siĂšge au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies -ce qui a Ă©tĂ© perçu comme un vĂ©ritable embarras diplomatique pour la RDC--et le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi ne voudrait pas perdre ce poste sous-rĂ©gional clĂ©. MalgrĂ© une campagne tardive, la dĂ©lĂ©gation congolaise, conduite par le ministre des finances, Nicolas Kazadi, a dĂ©jĂ pu se rendre aux Comores, Ă Madagascar, aux Seychelles, en Tanzanie et au Mozambique, pays Ă la tĂȘte de cette organisation, pour tenter de convaincre les chefs d'Etats Ă porter la candidature de la RDC. FĂ©lix Tshisekedi compte aussi sur le soutien de lâAngola, du Zimbabwe et lâEswatini.
Mais la dĂ©cision de lâUA quâil prĂ©side dâaccorder le statut dâobservateur Ă IsraĂ«l risque de compromettre ses efforts diplomatiques sur le plan sous-rĂ©gional. Car elle passe mal auprĂšs des pays qui soutiennent la cause palestinienne, notamment lâAfrique du Sud, premiĂšre puissance au sein de la Sadc capable dâinfluencer les autres pays. Lâan dernier, la RDC avait dĂ©jĂ perdu le poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Zone de libre-Ă©change continentale africaine (Zlecaf) face Ă la mĂȘme Afrique du Sud">la RDC avait dĂ©jĂ perdu le poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Zone de libre-Ă©change continentale africaine (Zlecaf) face Ă la mĂȘme Afrique du Sud. Et Faustin Launga Ă©tait le candidat congolais Ă ce poste.
La Sadc compte 16 Ătats membres. Jamais un ressortissant dâun pays membre francophone nâa accĂ©dĂ© au poste de secrĂ©taire exĂ©cutif. La RDC et le Botswana sont deux Ătats membres de la SADC en droit de prĂ©senter un candidat Ă lâĂ©lection Ă ce poste. Normalement, il devrait y avoir consensus entre les deux pays. Mais aucun prĂ©sident nâa rĂ©ussi Ă convaincre lâautre de retirer son son candidat.
La victoire du candidat congolais reprĂ©senterait un succĂšs diplomatique majeur pour la RDC. Dâautant que son prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi a fait du retour du pays sur la scĂšne diplomatique lâune de ses prioritĂ©s. Sera-t-il bloquĂ©, une fois de plus, par les enjeux diplomatiques continentaux qui semblent lâavoir dĂ©passĂ© la derniĂšre fois ?
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