Ă moins de deux semaines du lancement officiel de la campagne Ă©lectorale, le cortĂšge de Martin Fayulu, opposant au rĂ©gime de FĂ©lix Tshisekedi et candidat Ă la prĂ©sidentielle du 20 dĂ©cembre, a essuyĂ© des jets de pierres Ă Tshikapa, dans la province du KasaĂŻ. Ce nouvel incident dans la rĂ©gion du grand KasaĂŻ, fief du prĂ©sident Tshisekedi, s'inscrit dans une sĂ©rie d'actes similaires. Fin juillet, Delly Sesanga, opposant et candidat Ă la prĂ©sidentielle de dĂ©cembre 2023, avait dĂ©jĂ subi le mĂȘme sort Ă Kananga. Que faire pour que ces actes de violence ne dĂ©gĂ©nĂšrent et n'embrasent le pays durant la campagne Ă©lectorale ?
Bonjour ! Je mâappelle GamĂ©e Manzia. Je suis fellow Ă Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 10 novembre 2023. Vous Ă©coutez le 44e Ă©pisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe dâĂ©tude sur le Congo (GEC), qui Ă©claire, chaque semaine, un sujet de lâactualitĂ© congolaise.
Depuis le dĂ©but, le processus Ă©lectoral en cours connaĂźt des frictions. Dâabord, entre acteurs politiques de premiers plans, ensuite, entre les sympathisants des formations politiques et des organisations de la sociĂ©tĂ© civile adversaires. Il y a eu en effet des tensions autour de la dĂ©signation des membres de la Cour constitutionnelle, de la Ceni, voire autour des rĂ©formes Ă©lectorales. Et plus on approche de la tenue des Ă©lections, plus ces tensions augmentent.
Depuis la rĂ©pression de la marche de lâopposition du 20 mai 2023, les actes et discours violents n'ont cessĂ© de se multiplier dans plusieurs coins du pays. Arrestations de journalistes, restrictions de mouvements des candidats, jets de pierres, discours de haine, propos incendiaires sur les mĂ©dias et rĂ©seaux sociaux, ⊠Tout ceci corrobore de nombreuses Ă©tudes">nombreuses Ă©tudes qui ont alertĂ© sur les risques de violence au cours de ce processus Ă©lectoral.
Les acteurs de cette violence sont divers et se retrouvent dans tous les Ă©tats majors des partis politiques. Ă plusieurs reprises, certaines prises de position du prĂ©sident Tshisekedi pouvaient ĂȘtre interprĂ©tĂ©es comme susceptibles dâencourager la violence. Par exemple, Ă Mbuji Mayi">Ă Mbuji Mayi le 24 juin, il a dĂ©clarĂ© quâil sâ« m'attaquerai[t]sans hĂ©sitation et sans remords, Ă tout Congolais qui mettrait en danger la sĂ©curitĂ© et la stabilitĂ© de notre pays.» Et il a ajoutĂ© : « Peu importe ce quâon en dira, violation des droits de lâhomme ou privation de libertĂ© (...)».
Le 23 octobre 2023, Ă Lubumbashi, lâopposant MoĂŻse Katumbi a, lors dâun meeting, menacĂ© de donner un « butshetshe "> lors dâun meeting, menacĂ© de donner un « butshetshe » (Traduisez coup de tĂȘte) Ă ceux qui « tenteront de freiner lâĂ©lan dĂ©mocratique ». Du cĂŽtĂ© de la sociĂ©tĂ© civile, au mois de septembre, lors de son passage sur la radio Top Congo">la radio Top Congo, Monseigneur Donatien Nshole a soutenu que « la Ceni crĂ©e un environnement favorable Ă une rĂ©volution (...) ». Et dâajouter : « Je ne serai pas surpris qu'aprĂšs la publication des rĂ©sultats, nous puissions vivre une crise que tout le pays regrettera. » Propos qui ont Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©s par le camp Tshisekedi comme une incitation Ă un coup dâĂtat militaire.
Alors, comment arriver Ă la dĂ©sescalade ? Tous les acteurs politiques et sociaux doivent ĂȘtre conscients que leurs discours peuvent, selon les cas, embraser le pays ou prĂ©venir les violences. Ainsi, ils doivent sâabstenir dâinciter Ă la violence et, en mĂȘme temps, la condamner. La condamnation des rĂ©centes attaques contre Fayulu par le prĂ©sident Tshisekedi via sa porte-parole va dans la bonne direction.
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